Une nouvelle année d’engagement solidaire pour l’Ecam

L’ECAM LaSalle de Lyon est une école d’ingénieurs française reconnue, qui forme chaque année de nombreux étudiants dans les domaines scientifiques et techniques. Elle dispose d’un campus à Phnom Penh au sein de l’Institut français du Cambodge, offrant aux jeunes une ouverture internationale.

Depuis 2022, Taramana accueille des étudiants cambodgiens et français de cette université pour des missions de bénévolat dans le cadre de leurs cursus. Pendant 25 heures chacun, ils interviennent auprès des adolescents du centre pour animer des cours, encadrer des activités ou proposer des présentations sur la robotique, l’ingénierie ou des applications comme Canva. Un groupe d’étudiants s’investit aussi dans le nettoyage des ordinateurs de notre parc informatique ou le remplacement de la mémoire vive.

Ces leçons représentent une opportunité d’apprentissage supplémentaire tout en échangeant avec des jeunes adultes motivés et ouverts sur le monde. Pour les bénévoles, c’est également une expérience enrichissante, qui leur offre la possibilité de mettre en pratique leurs connaissances et de s’impliquer dans une mission à dimension humaine et solidaire. 

Cette année, nous voulions mettre le jeune Kimthai à l’honneur car il a souhaité prolonger sa mission bénévole au-delà de la durée obligatoire par pure générosité et amour de la transmission. Kimthai a enseigné l’anglais durant 4 mois au centre, nous avons recueilli son témoignage.

“Je m’appelle Kimthai HEANG et j’étudie actuellement l’ingénierie industrielle et la gestion de la chaîne d’approvisionnement à l’Institut de technologie du Cambodge dans le cadre du programme ECAM LaSalle. Parallèlement à mes études, je suis également bénévole en tant que professeur d’anglais auprès de l’ONG Taramana.

Je pense qu’apprendre une langue internationale est essentiel pour s’ouvrir de nouvelles portes et mieux comprendre le monde. Lorsque j’ai visité Taramana pour la première fois, j’ai été inspiré par leur mission qui consiste à offrir une éducation aux étudiants cambodgiens, notamment en leur enseignant deux langues importantes, l’anglais et le français. Comme mon programme exigeait 25 heures de bénévolat, j’ai choisi de rejoindre Taramana, où j’ai trouvé que l’environnement de travail et l’emplacement me convenaient parfaitement.

Grâce aux organisateurs de Taramana, j’ai pu bénéficier d’installations bien équipées et d’un programme d’études clair, ce qui m’a permis de me concentrer entièrement sur l’enseignement plutôt que de créer des plans de cours à partir de zéro.

Travailler avec les élèves a été une expérience inspirante. Je les ai trouvés respectueux, patients, créatifs et humbles. Ils ont simplement besoin de mentors pour les guider et les encourager. C’est pourquoi mes cours ne se concentrent pas uniquement sur la pratique de l’anglais, mais aussi sur des discussions concernant les avantages de différentes activités, telles que la manière dont le sport et l’art peuvent soutenir leur éducation.

Finalement, choisir d’enseigner à Taramana a été l’une de mes meilleures décisions. Les élèves m’ont appris qu’avoir de l’espoir et relever des défis ne consiste pas seulement à résoudre des problèmes, mais aussi à agir pour grandir. C’est peut-être pour cela que je me sens si motivée et enthousiaste à l’idée de faire partie de cette ONG.”

Taramana et l’ECAM continuent leur collaboration sur le long terme avec un nouveau groupe d’élèves engagé cette année dans la transmission de leurs connaissances via des présentations ludiques et des ateliers de technologie.

Le parcours incroyable de Vuthny

Après avoir suivi DIN Vuthny dans son incroyable parcours jusqu’en 2019, nous le retrouvons aujourd’hui transformé, mûri et plus déterminé que jamais. De jeune adolescent timide découvrant les salles de classe de Taramana, il est devenu un médecin passionné, désormais spécialisé en pédiatrie et en néonatologie en France. Avec humilité et une profonde gratitude pour ses racines, Vuthny nous partage son chemin depuis son départ du Cambodge, ses défis, ses réussites et la manière dont les valeurs acquises au centre continuent de guider chacun de ses pas.

Depuis la dernière interview en 2019, comment s’est passée la suite de vos études de médecine ?
Depuis la dernière interview en 2019, mes études de médecine se sont bien passées comme ce que je souhaitais puisqu’après sixième année en médecine, j’ai pu passer un concours de spécialité en pédiatrie. Les études de spécialité durent 4 ans ou je devais me mettre sur le terrain à l’hôpital pour apprendre à devenir un bon pédiatre. J’ai commencé à aimer les nouveaux nés qui sont adorables mais fragiles, la raison pour laquelle je fais la spécialité en néonatologie en France.

Pouvez-vous nous raconter votre arrivée et votre intégration en France ?
Aller en France était mon rêve depuis mon enfance. Au début, j’étais très excité d’être en France, puis ce n’était plus un rêve, c’était la réalité dans la vie que ce n’était pas toujours facile, je devais m’adapter avec des nouvelles choses comme l’environnement, le climat, la culture, la nourriture, qui étaient la meilleure façon pour moi d’apprendre à savoir vivre.

Quelles ont été les plus grandes différences entre étudier la médecine au Cambodge et exercer en France ?
La langue : En France, il faut maîtriser le français pour pouvoir communiquer avec l’équipe médicale, paramédicale, patients et famille de patient et surtout pour les dossiers administratifs. Au Cambodge, on utilise plus le khmer pour communiquer et les dossiers administratifs sont en anglais ou en français.

Le travail : En étant interne, la charge de travail et la responsabilité sont beaucoup plus lourdes en France qu’au Cambodge.
Mais les internes en France sont beaucoup mieux rémunérés qu’au Cambodge.

La relation: C’est plus hiérarchique pour la relation entre médecin patient au Cambodge. En France, le lien patient médecin est proche
et simple.

Les matériaux et la compétence: En France, les médecins et les infrastructures médicales sont plus modernes, standardisés et avancés
qu’au Cambodge.

Pouvez-vous nous décrire une journée type au CHU de Lens ?
Mon rythme de travail à l’hôpital en France :

    • 8h45 arrivée au service pour le staff

    • 9h30 commencer le travail dans le service : Examiner les petits patients, faire des prescriptions

    • 13h30 pause pour le déjeuner

    • 14h00 : faire toutes les activités dans le service comme des gestes médicaux (Cathéter central, Cathéter ombilical, échographie cardiaque, échographie transfontanellaire …), faire des dossiers administratifs, demander des bilans paracliniques, réanimer des nouveaux nés en salle de naissance…

    • 18h30 : rentrer du travail.

    • Pendant la garde : il faut continuer de 18h30 jusqu’à 8h30 (24h dans le service).

Quel est l’aspect le plus gratifiant de votre travail actuel ?
L’aspect le plus gratifiant de mon travail actuel, c’est de voir les tous petits bébés qui ont vécu des longs parcours en réanimation, et qui finissent par bien s’en sortir avec une bonne évolution.

Rencontrez-vous des défis particuliers dans votre métier en France ?
Oui, il n’y avait pas mal de défis durant ma formation en France comme la barrière de la langue, la limitation de mes compétences, les charges et les rythmes de travail très intenses. En fait, j’aimerais bien remercier toutes les difficultés puisque cela me rend plus fort, plus mature.

Avec du recul, quelles compétences ou valeurs acquises à Taramana vous servent encore aujourd’hui dans votre métier ?
Les compétences ou valeurs acquises à Taramana sont :

    • Le français, Taramana, était ma première école où j’apprenais le français, qui me permettait de continuer mes études supérieures en médecine, et avoir une occasion de me former en France.

    • Être à l’écoute :  À Taramana, on apprend à écouter, à comprendre les besoins des enfants. À l’hôpital, cette capacité d’écoute bienveillante aide à établir une relation de confiance avec les patients et les familles de patients.

    • Travailler en équipe : Taramana transmet une vraie culture de solidarité et d’engagement humanitaire. Ce même sens au milieu hospitalier : aider les autres, sans attendre de reconnaissance.

Le théâtre et les langues vous ont-ils aidé dans votre pratique médicale ?
Oui le théâtre et les langues m’ont beaucoup aidé dans ma pratique médicale, cela me permet de bien me débrouiller et de créer de bonnes ambiances avec mes équipes médicales.

Si vous pouviez parler à l’adolescent que vous étiez à 13 ans en entrant à Taramana, que lui diriez-vous ?
Si je pouvais parler à l’adolescent de 13 ans que j’étais en entrant à Taramana, je lui dirais de ne jamais sous-estimer lui-même et la force de la curiosité. Je lui dirais aussi de ne pas avoir peur de rêver grand : même si les obstacles semblent immenses. Chaque journée passée à Taramana est une pierre posée sur le chemin qui nous mènera plus loin que tu ne l’imagines.

Que faisiez-vous pendant vos cours à Taramana ?
Pendant mes cours à Taramana, j’apprenais avec concentration, je faisais ce que le professeur me disait, je l’écoutais attentivement et bien notais dans mon cahier. Après les cours, je relisais un peu ce que j’apprenais, et à la maison je les réalisais avant de dormir.

Quel conseil donneriez-vous aux élèves de Taramana qui rêvent aussi de travailler à l’étranger ?
Le conseil que je donnerais aux élèves de Taramana qui rêvent de travailler à l’étranger, c’est de croire en leurs capacités, leurs rêves, même quand le chemin semble long ou difficile. Quand on vient d’un environnement modeste, on peut parfois se dire que partir étudier ou travailler à l’étranger, c’est impossible pour nous. Mais ce n’est pas vrai : avec de la persévérance, de la discipline et surtout de l’envie, tout devient possible. Apprenez chaque jour quelque chose de nouveau, pas seulement dans les livres, mais aussi auprès des gens autour de vous. Continuez à pratiquer le français et l’anglais, à oser parler, même si vous faites des erreurs. C’est comme ça qu’on progresse. Sachant que bien maîtriser les langues étrangères est comme avoir des ailes qui nous emmènent là où on souhaite.

Voyez-vous encore des liens possibles entre votre travail actuel et l’aide à apporter à Taramana dans le futur ?
Oui, je vais toujours garder les liens avec Taramana puisque c’est grâce à Taramana que j’ai aujourd’hui. Je vais faire tout ce que je peux faire afin de pouvoir redonner ce que j’ai reçu de Taramana aux autres enfants pour qu’ils puissent construire leur avenir sous une autre forme.

Avez-vous déjà un projet professionnel en tête ? Pensez-vous rester en France ou rentrer au Cambodge ?
Mon projet est de me former le maximum possible, aller le plus loin possible, pour que je puisse aider du monde le plus possible.

Y a-t-il un rêve professionnel ou personnel que vous poursuivez maintenant ?
Maintenant, mon rêve d’enfance se réalise, pour l’instant je n’ai pas de rêve concret à poursuivre, mais ce que je voudrais faire,
c’est d’accompagner les autres pour atteindre leurs rêves.

L’histoire de Vuthny est celle d’un enfant curieux devenu un médecin engagé, porté par son travail acharné, sa sensibilité et l’accompagnement reçu à Taramana. Son parcours force l’admiration et rappelle à quel point un environnement bienveillant peut changer une vie.

Désireux de continuer à apprendre pour mieux soigner, mais aussi de redonner à l’association qui l’a vu grandir, Vuthny incarne l’espoir, la persévérance et la générosité que nous souhaitons transmettre aux nouvelles générations.

Nous le remercions chaleureusement pour son témoignage et lui adressons tous nos vœux de réussite dans les belles étapes qui l’attendent encore.

Pour en savoir plus sur le parcours de Vuthny et son évolution inspirante, nous vous invitons à lire l’article du 30 octobre 2010 paru dans le blog de Jocelyn D., président fondateur de Taramana : https://taramana.over-blog.org/article-vuthny-futur-docteur-de-taramana-59961571.html

Deux volontaires en Service Civique à Taramana!

Le Service Civique est une opportunité d’engagement citoyen ouverte aux jeunes de 16 à 25 ans, leur permettant de consacrer entre 6 et 12 mois à une mission d’intérêt général en France ou à l’étranger, dans des domaines aussi variés que l’éducation, la culture, la solidarité ou encore la santé. 

Depuis le 3 juin, Taramana a fait le choix de faire appel à ce dispositif pour la première fois et a le plaisir d’accueillir Marylou et Victoria, deux volontaires engagées, venues mettre leur énergie et leurs compétences au service de notre association.

Pourriez-vous vous présenter ?

Victoria : Bonjour, moi c’est Victoria, j’ai 20 ans, je viens de Cannes et avant d’arriver au Cambodge, j’étais en première année de licence de Cinéma et audiovisuel à Strasbourg. 

Marylou : Bonjour, je m’appelle Marylou, j’ai 26 ans, je viens de Paris et j’ai obtenu mon diplôme scénographie et design en décembre dernier.

Comment avez-vous trouvé et choisi votre mission et pourquoi ?

V : Je cherchais une mission à l’étranger et j’hésitais entre l’Amérique du Sud et l’Asie. Finalement, mon choix s’est porté sur l’Asie et particulièrement le Cambodge, car l’un de mes professeurs en école de cinéma avait réalisé un documentaire sur ce pays, ce qui m’a donné envie d’en savoir plus et de découvrir sa culture. Après cela, tout s’est fait très vite, j’ai postulé à Taramana parce que les missions m’intéressaient, deux jours plus tard, j’ai eu un entretien et j’ai été sélectionnée.

M : Je cherchais un Service Civique dans le domaine de l’éducation pour tous ou la protection des animaux et de l’environnement, avant mon anniversaire, car j’avais l’âge limite pour pouvoir partir. Mon choix s’est porté sur le Cambodge car mon père à quelques amis cambodgiens qui m’ont beaucoup parlé de leur pays et cela m’a donné envie de chercher ici. Je voulais vivre une expérience en immersion totale dans une autre culture, différente des expériences touristiques que j’ai pu faire jusqu’à présent et où j’étais simplement spectatrice. En faisant des recherches, j’ai trouvé que Taramana était l’Organisation qui correspondait le plus à mes valeurs, et comme Victoria, tout s’est ensuite fait très vite.

Que faites-vous dans le cadre de votre mission ?

V : Je m’occupe de toute la communication sur les réseaux sociaux, donc l’écriture et aussi les contenus audiovisuels photos et vidéos, je fais des jeux d’initiation au français, j’aide à l’encadrement des activités du centre, pendant les sorties culturelles, à la bibliothèque, au rugby, et j’ai commencé à mettre en place un atelier de danse et chant.

M : Notre travail est hyper polyvalent, on va parfois aider sur les enquêtes sociales, parfois aider à l’encadrement d’activités et sinon j’anime aussi des jeux d’initiation au français, un atelier d’art plastique qui comprend couture, sculpture, peinture et dessin, je m’occupe aussi de la rédaction de la newsletter et de la mise en page des lettres des enfants pour leurs parrains/marraines, et plus généralement du lien parrains/filleuls.

Vous effectuez votre mission à deux, qu’est-ce que cela vous apporte ?

M : À Taramana, nos missions sont assez différentes, mais on travaille quand même beaucoup en coopération. Par exemple sur les parrainages, le contenu multimédia que Victoria réalise (photo et vidéos) est utilisé pour réaliser les lettres pour les parrains et marraines. Pareil pour la newsletter.

V : Il faut aussi savoir qu’en plus d’être en binôme à Taramana, on est colocataires, donc on est vraiment un binôme +. On se soutient, on partage nos ressentis sur cette expérience, nos découvertes et on s’aide sur certaines tâches.

Quel accompagnement recevez-vous dans le cadre de votre mission ? Avez-vous un tuteur/une tutrice ? Comment ça se passe ?

V : À Taramana, notre tutrice, c’est Véronique, la directrice du centre. C’est elle qui nous a fait passer les entretiens, qui nous a accueillies et qui suit nos missions ici. Elle connait le centre sur le bout des doigts, si on a la moindre question, on sait qu’on peut lui demander et qu’elle saura nous aider. Ensuite, il y a Mali, bénévole au centre en appui à la direction, qui nous suit au quotidien et nous propose un point hebdomadaire pour faire un retour sur la semaine passée, et les tâches de la semaine à venir.

De plus, il y a Thierry, le vice-président de l’association, qui nous a aussi fait passer les entretiens et avec lequel on fait un point mensuel depuis la France pour s’assurer que tout va bien. Et enfin, Jocelyn, le président-fondateur de l’association, qui nous demande de valider les projets importants et ceux qui vont avoir un impact direct sur les interlocuteurs français (adhérents, donateurs, parrains/marraines).

M : En dehors de Taramana, il y a International Impact qui a géré toute la partie administrative de notre venue, et qui nous envoie des messages et nous invite à des événements organisés avec d’autres volontaires. On est quand même assez libres de ce côté-là, si on préfère réaliser notre mission en autonomie, ils le comprennent. Mais on sait qu’on est très bien entourées, qu’on a un filet de sécurité. Si on a une question administrative, on a 3-4 contacts chez International Impact, si on se sent un peu déprimées, on sait qu’on peut aller parler avec Véronique, Mali ou Thierry.

Vous êtes en mission auprès d’un public en situation précaire, qu’est ce que cela vous a appris ?

M : Ça demande de la patience et de savoir apporter l’espace nécessaire pour que les enfants puissent s’exprimer. Savoir apprendre à être en retrait quand il faut et savoir poser les bonnes questions. Il faut savoir aussi lire entre les lignes parce que les enfants ne vont pas aborder certains sujets directement, ils sont plus discrets sur leurs sentiments, leurs ressentis. Ça m’apprend beaucoup en termes de communication et de patience. Il y a eu un temps d’adaptation avant qu’ils se sentent en confiance, il faut les laisser venir vers nous, seuls, et après quand on a leur confiance, on crée un lien vraiment fort avec eux.

V : J’avais déjà travaillé avec un public en situation précaire en France, mais comme l’a dit Marylou, la situation, les besoins et les demandes des enfants sont complètement différentes en France et au Cambodge. On a parfois l’impression d’avoir des petits adultes devant nous, mais il ne faut pas oublier que ce sont des enfants avant tout et donc se comporter et mettre en place des activités, des projets pour des enfants qui ont aussi besoin de s’amuser et d’un peu oublier tout ce qu’il y a autour.

Comment cette mission s’inscrit dans vos objectifs ou projets professionnels futurs?

V : Cela fait longtemps que je suis bénévole dans des associations et j’aimerais continuer le volontariat international après ma mission chez Taramana parce que je trouve qu’un an, c’est trop court ! Soit avec un VSI (Volontariat de Solidarité International), soit en étant embauchée directement dans une ONG. Pour l’instant, le Cambodge me plaît énormément, j’apprends le khmer et j’espère pouvoir rester dans ce pays après ma mission, mais sinon j’essaierais de rester dans la région. J’aimerais bien aussi lancer des petits projets personnels dans l’audiovisuel, je fais beaucoup de photos et j’aimerais bien réaliser des documentaires sur la culture khmère ou la vie au Cambodge.

M : Ma mission de Service Civique n’a pas de lien direct avec mon projet professionnel, mais je sais que cette expérience dans sa globalité est très valorisée dans mon secteur d’activité, parce qu’elle montre une ouverture d’esprit. La plupart des professionnels nous demandent une curiosité pour l’architecture des  autres pays, d’être observateur, ils aiment voir les carnets de voyage, les dessins, et plus tard les inspirations culturelles de ces expériences à l’étranger dans notre travail.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

M : J’ai eu la chance de fêter mon anniversaire ici. Le matin à mon arrivée, tout le monde au centre était au courant. J’ai reçu plein de petits mots, de dessins, des stickers, des bracelets et je suis repartie le soir les bras chargés de cadeaux et de souvenirs. C’était un anniversaire comme je n’en avais jamais fait avant et ça m’a énormément touchée.

V : Toutes les interactions avec les enfants pourraient être des anecdotes ! J’apprends le khmer, et en fin de journée, il m’arrive de rester dans une salle de classe pour pratiquer l’alphabet sur un tableau. Quand des enfants ou des collègues khmers me voient, ils viennent et m’aident, me font des petits cours sur les couleurs, les objets du quotidien… C’est comme ça qu’après 2 mois ici, je connais déjà une bonne partie de l’alphabet et plein de phrases du quotidien. 

Un dernier mot ?

V: Si je devais décrire Taramana c’est vraiment richesse culturelle et amour.

M: Merci aux lecteur.ice.s et à toute l’équipe de Taramana, l’aventure ne fait que commencer.





Un Moment de Solidarité à Taramana

 

Récemment, un élan de solidarité a profondément touché les cœurs de nombreux enfants à Taramana. Des personnes incroyablement généreuses, dont Miss Cambodge en France 2023, ainsi que de nombreux autres donateurs, ont fait le déplacement pour offrir des cadeaux aux jeunes enfants du Centre. Ce fut un moment rempli d’amour et d’émotions, où chaque TaramaKid a pu se sentir valorisé et aimé.

Ces gestes, simples en apparence, ont un impact immense sur la vie des enfants. En recevant ces cadeaux, ils ont non seulement reçu des objets matériels, mais surtout, ils ont compris qu’il existe des personnes bienveillantes prêtes à leur tendre la main. Cela leur montre qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils peuvent toujours compter sur la solidarité, même lorsqu’ils traversent des moments difficiles.

La présence de Miss Cambodge en France 2023, Marielle CHUN, a été particulièrement inspirante. Elle a montré aux enfants qu’on peut réussir tout en restant humble et attentionné envers autrui. Son exemple les encourage à faire de même, à aider les autres quand ils le peuvent, à être généreux et à ne pas oublier les populations dans le besoin.

Cet événement à Taramana est bien plus qu’une simple distribution de biens. C’est un exemple concret de ce que peut accomplir la solidarité humaine. Les enfants, en voyant tant de gentillesse autour d’eux, apprendront à leur tour à devenir des personnes généreuses, prêtes à apporter du soutien aux autres.

En fin de compte, cette action de solidarité rappelle à tous que le monde est plein de personnes prêtes à faire le bien, et qu’il suffit parfois d’un geste pour illuminer la vie d’un être. Grâce à ces dons et à cette présence chaleureuse, lesTaramakids ont pu ressentir toute la force de l’amour et de l’entraide.

Grandissons ensemble avec Karol & Setha

 

Du 6 au 19 Août, le Centre Taramana a eu l’honneur d’accueillir l’équipe de Karol & Setha, un programme psychosocial d’ “Enfants du Mekong”, une ONG française dont l’aventure khmère perdure depuis 1991. Partenaire de Taramana depuis 2019, leurs interventions ont consisté à organiser des séances d’activités encourageant l’inclusion et l’échange dans le but d’instiller une évolution cognitive, et ainsi proposer aux enfants bénéficiaires une approche progressiste des pensées existantes.

Le programme Karol & Setha est établi depuis 2004 au Royaume du Cambodge. Leurs équipes structurent leurs formations sur la gestion des relations interpersonnelles, encore tabou auprès des jeunes âgés de 12 à 25 ans, mais plus spécifiquement auprès de la population khmère en général. Un travail de sensibilisation a également été élaboré au plus proche des parents, dont la plupart ont été séparés des leurs durant le régime des khmers rouges, éprouvent de ce fait certaines carences fondamentales quant à la notion de parentalité et au développement du bien être de l’enfant.

Fonctionnant avec Enfants du Mekong depuis 10 ans désormais, l’objectif de Karol & Setha est donc de favoriser un environnement chaleureux et stable aux populations les plus vulnérables, en renforçant la cohésion sociale par des modules éducatifs adaptés selon les différentes situations familiales potentielles.

Ainsi, les formateurs ont pu exprimer leur créativité pédagogique au sein du Centre. Ils se sont servis du biais du jeu de rôle pour analyser les comportements comme l’exclusion individuelle de groupes, ou les prises de paroles timides et maladroites, afin de relever de potentiels malaises pouvant être expliqués par la situation familiale. Ce programme se voulait crucial dans le but de garantir l’insertion des enfants dans des structures professionnelles et sociales à l’avenir, enjeux qui faisaient encore défaut à leur compréhension, mais dont Karol & Setha a su adopter une appréhension des plus pertinente.

Leur passage au Centre a été des plus précieux et a vu émerger des lueurs d’espoir chez les enfants de la communauté de Boeng Salang, la plupart ayant pu comprendre l’importance du vivre ensemble et de l’entraide dans leur milieu de vie. Et pour ce dévouement à notre cause, Taramana souhaite exprimer ses plus sincères remerciements.

DIN Simanith, un parcours inspirant

Du théâtre au service civique : un parcours empreint de passion et d’engagement
DIN Simanith, jeune bénéficiaire originaire de Boeng Salang et membre actif de TARAMANA, il incarne l’essence même de l’ambition et de la persévérance.
Dès son plus jeune âge, il cultive une passion ardente pour le sport, notamment le football qu’il pratique depuis l’enfance, lui permettant aujourd’hui d’opérer comme assistant coach au Lycée Français Renée Descartes. Son engagement associatif ne se limite pas à la pelouse d’un stade puisqu’il participe à un échange culturel en France avec la troupe de théâtre « Les petits chenapans » en 2016. Cette première immersion dans la culture française marque un tournant décisif dans sa vie, nourrissant en lui le désir profond d’y puiser un maximum de connaissance

Un rêve devenu réalité
Aujourd’hui, Simanith vit pleinement son rêve en effectuant un service civique auprès de la Division des Sports départementale de Seine Maritime. Cette expérience lui offre une totale immersion dans le milieu sportif français, lui permettant ainsi d’observer les pratiques sportives, l’articulation organisationnelle, et de ce fait, d’acquérir une expertise précieuse qu’il espère mettre à profit pour le développement de la discipline sportive dans son pays natal.

Un engagement fort pour le développement du milieu sportif au Cambodge
Fort de ses apprentissages en France et animé par une volonté inébranlable de contribuer activement au développement de son pays, DIN Simanith aspire à mettre son expérience et ses compétences au service du Sport dès son retour au Royaume.
Son ambition s’anime autour de deux axes majeurs :

  • Promouvoir la pratique du sport pour tous : Faciliter l’accès à la pratique sportive pour le plus grand nombre, en particulier les populations défavorisées, afin de d’encourager leur inclusion sociale et leur bien-être.
  • Utiliser la discipline sportive comme vecteur de développement : Exploiter le potentiel fédérateur du sport pour promouvoir l’éducation, la santé, l’essor économique et l’inclusion sociale des communautés khmères.

« Marcher sur votre passion vous permet de réaliser vos rêves » – DIN Simanith
Simanith est un modèle inspirant pour la jeunesse cambodgienne. Son parcours illustre le pouvoir transformateur du sport et de l’engagement associatif, démontrant que la poursuite des rêves, même les plus ambitieux, est à la portée de chacun. Sa devise est « Marcher sur votre passion vous permet de réaliser vos rêves », il encourage ainsi les enfants de Boeng Salalng à identifier leurs passions et à les mettre au service d’une cause qui leur tient à cœur, contribuant ainsi à un monde meilleur.

Taramanna, une Organisation engagée pour l’épanouissement de la jeunesse
Taramana est fière de soutenir Simanith dans son parcours mais aussi de contribuer à l’épanouissement des jeunes générations à Phnom Penh.
L’Organisation encourage les jeunes bénéficiaires à développer leur potentiel, à s’engager pour un avenir meilleur et à utiliser leurs talents afin d’impacter positivement l’évolution de leur communauté.

Soutenir Taramana, c’est investir dans l’avenir de la jeunesse cambodgienne !

Taramana et la Croix-Rouge : Main dans la main pour Boeng Salang

Dans le cadre de ses efforts continus pour améliorer la sureté et le bien-être de la communauté de Boeng Salang, l’équipe de Taramana et ses adolescents bénéficiaires ont sollicité La Croix-Rouge cambodgienne, officiellement reconnue par le Gouvernement Royal depuis 1955, afin de se faire dispenser une formation de secourisme.

En effet, l’accès aux soins de santé dans le bidonville étant souvent limité et coûteux, ces derniers sont de ce fait inaccessible aux habitants. De plus, les ambulances circulent difficilement dans toutes les zones du district, ce qui complique davantage la situation. Cette intrication d’évènements rend la formation aux premiers secours d’autant plus vitale pour la communauté.

La formation a été dispensée par des instructeurs de la Croix-Rouge cambodgienne, formés et qualifiés selon les Directives du Centre Mondial de Référence sur les Premiers Secours : des standards développés sous la supervision de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC). Elle couvre un large spectre de techniques de secourisme, notamment la réanimation cardio-pulmonaire (RCP), la sécurisation des victimes en cas de blessures et de traumatismes, et les gestes à adopter en cas d’étouffement, de brûlures, de noyade et d’électrocution. Ces connaissances pratiques sont essentielles pour porter assistance aux victimes en attendant l’arrivée des secours professionnels, transformant ainsi potentiellement l’issue d’une situation d’urgence.

L’impact de cette formation s’étend au-delà de la simple capacité à sauver des vies. En renforçant les compétences en secourisme de la communauté, Taramana contribue à accroître la résilience et l’autonomie des habitants de Boeng Salang face aux imprévus de la vie. Cet apprentissage permet également de développer un sentiment de responsabilité et d’entraide au sein de la population locale, renforçant ainsi les liens sociaux et la cohésion par la maximisation de l’action collective.

Taramana tient à exprimer sa profonde gratitude aux formateurs dévoués de la Croix-Rouge cambodgienne pour leur expertise et leur engagement inestimables.    Ce programme marque une étape importante dans le parcours du Centre vers la consolidation d’une communauté plus sûre et plus indépendante à Boeng Salang. Fière des progrès accomplis par ses membres participants, notre Organisation réaffirme son engagement indéfectible dans le soutien des initiatives qui renforcent les compétences et le bien-être de tous.

La troupe de théâtre francophone de Taramana “ Les Petits Chenapans” revisite le Petit Chaperon Rouge

 

Le 23 mars dernier, la troupe de théâtre francophone de Taramana, les « Petits Chenapans » s’est produite sur la scène de l’Institut français du Cambodge á l’occasion de la Semaine de la Francophonie et sur invitation de  »Phnom Penh Accueil » (PPA) qui organisait sa ‘Dictée » annuelle dans la salle du cinéma.

Fondée en 2010, par le Président de Taramana, le Docteur Jocelyn Dordé, la troupe des Petits Chenapans a remporté de nombreux prix francophones et s’est même produite lors d’une tournée dans le sud-ouest de la France en 2016 avec la pièce “Allô Docteur vous n’auriez pas vu mon Bidou ?”. Pour plus d’information sur la troupe, vous pouvez cliquer ici.

Ce ne sont pas moins de 16 jeunes comédiens de la troupe qui se sont produits sur la scène de l’IFC afin de jouer en exclusivité plusieurs extraits du Petit Chaperon rouge revisité version Taramana où le petit chaperon se fait voler la vedette par les 3 petits cochons, les nains de Blanche neige, le Petit Poucet et bien d’autres encore. A noter que les costumes avaient été confectionnes gracieusement par 6 bénévoles de PPA.

Ce fut un show d’une grande qualité ! Pour visionner en exclusivité la représentation du 23 mars dernier filmé à la salle de cinéma de l’Institut Français du Cambodge, c’est ici. Bon visionnage !

Lumière sur la TaramaNight 2

Comme nous vous l’avions annoncé dans notre précédent article , la “TaramaNight 2” a eu lieu le vendredi 22 mars. Ce fut une soirée exceptionnelle durant laquelle les enfants ont pu mettre en lumière les activités suivies depuis plusieurs mois. Chant, du hip-hop, guitare, danse Apsara et du Bokator, art traditionnel khmer, les activités présentées étaient très nombreuses !

En parallèle, 16 jeunes comédiens de la troupe de théâtre francophone « Les Petits Chenapans » se sont produits sur scène afin de jouer en exclusivité plusieurs extraits du Petit Chaperon rouge revisité version Taramana. Ce fut un show d’une grande qualité !Cette soirée n’aurait pas pu avoir lieu sans nos généreux partenaires à savoir Eric Kayser qui a offert 180 goûters aux enfants de Taramana. Les enfants ont pu profiter d’un excellent goûter composé de trois cookies et d’une boisson !

Nous remercions également Celliers d’Asie, qui a offert à nos 60 invités un pot à la fin du spectacle! Enfin, un grand merci á PPA (Phnom Penh Accueil) qui ont confectionné les costumes du théâtre.

Pour plus de photos sur l’événement, rendez-vous sur notre page Facebook et sur notre Newsletter du mois de mars.

Une kermesse éco-solidaire organisée au profit de Taramana

 

Organisée par une soixantaine d’élèves éco-délégués et les professeurs du Lycée Français René Descartes Phnom Penh, une kermesse en faveur de Taramana aura lieu le jeudi 4 avril prochain au sein même du lycée

Ce projet de solidarité servira à collecter des fonds pour financer la rénovation de notre bibliothèque au Centre

À l’occasion de cette kermesse, un spectacle de danse et une performance musicale seront organisés pour ouvrir l’événement. De nombreuses activités seront également proposées : des jeux sportifs, un escape game, un photobooth, une course à l’œuf, une pêche à la bouteille et bien d’autres encore !

L’ensemble des invités (entrée libre) pourront participer aux jeux et acheter des tickets de tombola. Aux alentours de 18h30, un tirage au sort pour les tickets de tombola sera organisé et les plus chanceux pourront avoir la chance de gagner des bons achats offerts par les sponsors du Lycée Français !

Nous vous attendons nombreux le jeudi 4 avril prochain de 16h30 à 19h au Lycée Français René Descartes Phnom Penh.

Taramana fait son show au Centre

 

 

Les enfants de Taramana vont une nouvelle fois se déchaîner pour la “TaramaNight 2”, un show d’1h30, où les activités suivies par les enfants depuis plusieurs mois seront mises en lumière.

Nous vous attendons nombreux à cette soirée qui aura lieu le vendredi 22 mars au Centre Taramana, à partir de 17h30. Celle-ci sera, une nouvelle fois, sponsorisée par notre généreux partenaire Eric Kayser qui offrira 180 goûters aux enfants de Taramana. Aussi, grâce à notre partenaire Celliers d’Asie, nous pourrons offrir à tous nos invités un pot à la fin du spectacle!

Au programme du chant, du hip-hop, de la guitare, de la danse Apsara et du Bokator, art traditionnel khmer. En parallèle, vous aurez également l’occasion de (re)découvrir la troupe de théâtre francophone, les « Petits Chenapans » avec pas moins de 16 jeunes comédiens qui seront sur scène.

Vous assisterez en exclusivité à plusieurs extraits du Petit Chaperon rouge revisité version Taramana, où le petit chaperon se fait voler la vedette par les 3 petits cochons, les nains de Blanche neige, le Petit Poucet et bien d’autres encore. A noter l’aide pour les costumes offerte par les membres PPA (Phnom Penh Accueil).

Fondée en 2010, la troupe des Petits Chenapans a remporté de nombreux prix francophones et s’est même produite lors d’une tournée dans le sud-ouest de la France en 2016 avec la pièce « Allô Docteur vous n’auriez pas bu mon Bidou ? ».Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ici.

 

Reprise des cours de théâtre francophone au centre !

Jocelyn, Président Fondateur de Taramana, propose au centre depuis 2009 des cours de théâtre francophone, aux élèves volontaires.

Il revient sur ce qui l’a motivé à mettre cela en place et ses meilleurs souvenirs.

  • Bonjour Jocelyn, peux-tu nous expliquer la naissance des cours de théâtre au centre ?

« Il n’est un secret pour personne que j’ai toujours adoré le théâtre. J’avais proposé en 2009 à quelques élèves de Taramana, parmi les plus francophones, de jouer des morceaux de pièces de théâtre. Je suis un grand fan de la troupe du Spendid, il m’est apparu naturel de commencer à faire jouer nos comédiens en herbe sur des extraits du « Père Noël est une ordure ». En 2010, la troupe de théâtre francophone « Les Petits Chenapans » est née et s’est illustrée notamment lors des TaramanAcademy 3 de 2011 et TaramanAcademy 4 de 2014. »

  • Est-ce que tu as toi-même déjà pris des cours de théâtre ?

« J’aurais bien aimé mais non, je fais le pitre naturellement depuis ma tendre enfance ! Cela reste du théâtre amateur et c’est très bien ainsi. Je m’amusais souvent à parodier au tableau mes professeurs au collège et si mes petits camarades en redemandaient, ce n’était pas toujours le cas de l’enseignant. J’avais d’ailleurs à l’époque écrit une mini pièce reprenant le best of de mes parodies au collège. Censuré. »

  • Comment s’est passée la tournée des Petits Chenapans en France en 2016 ?

 

« Cela a été un énorme travail de préparation et d’organisation. J’ai écrit la pièce « Allo Docteur, vous n’auriez pas vu mon Bidou? », pour caricaturer le comportement parfois surréaliste des médecins comme des patients. Je l’avoue : il y a un peu de vécu dans ce que j’ai écrit lors de mes consultations ! J’ai adapté le texte en fonction des comédiens et des rôles donnés aux uns et aux autres. 

 

On ne peut être qu’impressionné de leur progression aussi bien dans la prononciation/intonation que dans leur façon de jouer et de s’amuser sur scène. J’ai senti qu’on allait faire rire dès lors qu’ils se sont appropriés leur personnage en proposant même des idées et des expressions en plus. Après avoir joué à l’espace France Volontaires et au lycée Descartes à Phnom Penh, la troupe était prête pour une tournée en France. 4 représentations dans le Sud Ouest avec le même succès. Outre les sorties touristiques organisées pendant leur séjour de 3 semaines, leur plus belle récompense était, à n’en pas douter, d’être félicités par les spectateurs venus nombreux les voir.

Bref, de beaux souvenirs qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. »

 

  • Quelle pièce mets-tu en place en ce moment ? Avec la barrière de la langue, la communication n’est-elle pas trop compliquée ?

« Avec ma grande sœur Catherine, nous nous sommes mis en tête de monter une nouvelle version du conte du Petit Chaperon rouge qu’on a intitulé « Quand le loup n’en a pas fini avec le petit Chaperon rouge ».

Nous avons commencé le casting en décembre dernier avec une quinzaine d’élèves qui ont vocation à suivre des cours de français au Centre. La plupart sont débutants en français, ce qui rajoute de la difficulté. Vuthny (ancien élève de Taramana) est notre élément moteur quasi indispensable pour traduire, expliquer, faire passer les nombreux messages. Les Cambodgiens ne sont pas naturellement comédiens et cela se traduit par des sourires et des rires gênés pour bien des situations que je leur demande d’interpréter. Il faut sans cesse leur montrer, leur remontrer, souvent corriger leur défaut de prononciation et d’intonation. En plus de Catherine, venue pour 6 semaines en fin d’année 2022, je suis aidé actuellement par Jacqueline et Elyssa, 2 bénévoles en renfort.

Je suis admiratif de la patience et de la détermination des élèves. Malgré les difficultés, ils sont persévérants et appliqués. Il faut constamment les encourager et les pousser à se surpasser. Ils ont du talent, il faut juste leur donner ce brin de confiance qu’il leur fait parfois défaut. Qu’est-ce que je suis heureux quand ils commencent à prendre plaisir à jouer, à s’approprier le rôle en y ajoutant même parfois certaines mimiques ou expressions de leur cru. Je suis passionné par la mise en scène et je vais certainement me donner un second rôle dans cette nouvelle pièce.

 

  • Une fois que la pièce de théâtre qui est en cours de réalisation sera terminée, penses-tu la montrer à des personnes extérieures de Taramana ?

« C’est le but du jeu. Nous avons prévu de jouer la pièce en 2024 à l’Institut Français du Cambodge, mais également au lycée français René Descartes, à l’Ecole Française Internationale et bien entendu à Taramana. De là, à refaire une tournée en France ? Rien n’est moins sûr. »

  • De futures petites stars se cachent entre les murs de Taramana lors des cours du soir ?

« Nous avons des élèves avec un réel potentiel. Parmi les plus jeunes, Sopheaktra a une excellente prononciation et Piseth a une voix et une prestance remarquables. Pour les plus grands, Kimlang et Sophavin me surprennent à chaque session, Simanith, le frère de Vuthny est également impressionnant mais fait déjà partie des « anciens ». »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bravo à Jocelyn et aussi et surtout aux élèves 🧡